Les déclarations récentes de Madame Rachida Dati, ministre de la Culture, à l’occasion de la visite du chantier de restauration du château de Dampierre (Yvelines), raniment les inquiétudes de la communauté scientifique des archéologues. Les archéologues du préventif sont en première ligne pour la sauvegarde du patrimoine archéologique et ne prennent aucun plaisir futile à faire des « trous ». Ce terme méprise près d’un demi-siècle de recherches qui a permis de développer des méthodes d’investigation scientifique pour l’étude et la sauvegarde du patrimoine archéologique en amont des chantiers du bâtiment. Les archéologues contribuent ainsi à valoriser par l’étude ce riche patrimoine qui ne doit pas se réduire aux constructions les plus prestigieuses, mais, au contraire, doit s’étendre à tout ce qui fait la richesse archéologique et paléoenvironnementale de nos territoires. L’archéologie est une science à part entière et non un hobby et ne doit pas en aucun cas être la variable d’ajustement économique d’un projet de quelque nature que ce soit. L’archéologie préventive, depuis la loi de 2001, permet de sauvegarder ce qui va être irrémédiablement détruit par les travaux d’aménagement, et la considérer comme une activité simplement « plaisante » est méprisant vis-à-vis de ses acteurs de terrain et aussi pour toutes les personnes qui œuvrent à son bon déroulement, en particulier au sein du ministère de la Culture dont la préservation et la valorisation du patrimoine est l’une des tâches princeps, ce que semble ignorer Madame la ministre.
Dans cette période de forte incertitude quant aux montants du financement de l’État, le conseil d’administration de la FRAP exprime ses plus vives inquiétudes sur ces propos irresponsables qui tendent à privilégier la destruction à la sauvegarde, et les intérêts économiques à ceux de la science, de l’histoire et du patrimoine commun. Il exprime en outre sa solidarité envers tous les acteurs de l’archéologie préventive et des personnels du ministère de la Culture en charge de la gestion de cette archéologie préventive, injustement stigmatisés par Madame la ministre de la Culture.